À l'instar des autres grandes communautés humaines de l'Afrique noire telles que les Ashanti, les Bantou et autres Zoulou, les sociétés yoruba s'expriment à travers la pratique des masques. La pratique des masques dans les communautés yoruba remonte à un lointain passé et se maintient jusqu'à nos jours malgré l'influence non moins remarquable de la révolution industrielle.
Malgré la diversité des pratiques de masques dans les communautés yoruba, il existe néanmoins des caractéristiques communes aux pratiques. Ainsi, les masques dans la culture yoruba sont généralement constitués de l'ensemble du masque proprement dit, sculpté dans du bois, et des vêtements portés lors des cultes. Les parties en bois du masque représentent un visage la plupart du temps avec des traits se rapprochant le plus possible de ceux des êtres humains. Les traits les plus courants sont des lèvres fermes, fermées, bien ourlées, rebondies et arrondies, les narines relevées et rouvertes, des cicatrices raciales au front et sur les joues... La fabrication des masques et la confection des habits, ainsi que tous les autres composants qui entrent en ligne de compte pour la célébration des cultes des “sociétés” de masques constituent un véritable ensemble d'arts se transmettant de générations en générations.
La plupart des masques représente des visages d'adultes, possède un caractère sacré et est affectée à une fonction bien précise. Il existe aussi des masques destinés aux divertissements. Ces sortes de masques représentent la plupart du temps des visages d'enfants et leurs sorties s'organisent pour des manifestations festives.
Égun et Guèlèdè sont deux “sociétés” s'organisant autour de la pratique de masques. Ils constituent les deux “sociétés” de masques les plus répandues au sein des communautés yoruba d'Afrique de l'Ouest. Ces pratiques ont également été reprises par d'autres régions non yoruba, mais connaissant des influences des populations yoruba du fait de leur situation géographique. La langue utilisée pour les cultes demeure néanmoins le yoruba dans ces nouvelles régions.
Les sociétés d'Égun sont réservées aux hommes, assistés par une femme âgée aux pouvoirs extraordinaires. Cette femme incarne en fait l'épouse du roi Shango, ancien roi d'Oyo divinisé. Elle symbolise les liens entre les dieux et les ancêtres. Le nom Égun est celui du fils de Shango, né après huit autres enfants mort-nés. Le culte Égun constitue un moyen de contrôle et de la maîtrise de la communication entre les vivants et les morts, un moyen de rendre hommage aux esprits des ancêtres et de s'approprier le pouvoir qui émane d'eux.
En général, il existe plusieurs sociétés d'Égun à l'intérieur de la même localité. Les dénominations précisent les quartiers de provenance de la société Égun, ou la famille à laquelle elle fait référence. Il est également fréquent de rencontrer des noms faisant référence au couvent d'origine du Égun. Le couvent désigne ici le lieu, l'endroit où les Égun se retirent, avec les responsables de la société pour préparer leur sortie. Ces lieux se voient également attribuer des noms. On parlera ainsi, d'Égun d'Atakè à Porto-Novo, d'Égun de la famille Carlos dans la communauté des Aguda à Ouidah, ou encore d'Égun du couvent Kpajè à Porto-Novo.
Structure des Sociétés Égun
Les sociétés d'Égun possèdent une structure dirigeante. Les responsables portent des noms qui diffèrent suivant la région. Tous ces noms restent néanmoins basés sur un fond culturel et linguistique commun. Tous les noms sont en langue yoruba, même dans les milieux où celle-ci n'est parlée que par une infime minorité de la population. Les chansons quant à elles ont connu l'influence linguistique des nouvelles localités dans lesquelles les sociétés Égun se sont installées. Ainsi, des chansons en d'autres langues ont intégré le répertoire traditionnel yoruba.
À Kétou, l'Alagba est le grand responsable de tous les revenants, quel que soit le quartier d'où ils proviennent. Il est assisté d'un adjoint, mais aussi de deux femmes : Iya Agan et Iyalodé. Iya Agan fait figure de responsable féminine de la société. Dans les autres localités ne comprenant pas le nagot ou le yoruba, il existe des interprêtes qui traduisent les paroles du revenant aux autorités et à la population lors des cultes. À Covè par exemple, chaque quartier possède sa propre société d'Égun mais les organisations internes restent identiques. À la tête de chaque société se trouve le Baalè, assisté d'un ou deux Balogun, d'Ashaju et de Tun'ègbèshè. Baalè est le chef du couvent, responsable suprême, à qui tous les collaborateurs et subordonnés rendent compte de leurs activités. Balogun est l'adjoint et le conseiller de Baalè. Tun'ègbèshè représente un modérateur et s'occupe plus particulièrement de dispenser des conseils de sagesse et d'image de marque de qualité aux membres de la société. Le rôle de Ashaaju est de précéder le revenant lors des sorties publiques et de servir d'interprête auprès de la population qui, en majorité, ne comprend pas la langue utilisée par les revenants lors des cultes, le nagot ou le yoruba.
À Porto-Novo, l'organisation des sociétés Égun est beaucoup plus officialisée. En effet, un règlement intérieur et des statuts codifient les activités de tous les couvent Égun, un conseil d'administration supervise et coordonne la vie de l'association et les manifestations publiques des masques. Il se compose de neuf hommes reéligibles, nommés par l'oracle (Ifa), régulièrement invoqué lors des cérémonies.
- Allagba Baba Mariwo : responsable du Comité et de tous les adeptes des couvents de la ville (président).
- Otun Allagba : responsable adjoint du Comité et de tous les adeptes des couvents de la ville (vice-président).
- Arin Odje : responsable de la vie administrative du regroupement (secrétaire).
- Alapini : responsable chargé de la prière et des offrandes aux ancêtres.
- Madje Obadje : responsable de l'organisation et de la discipline.
- Agoro : responsable de la trésorerie (trésorier).
- Des conseillers appelés Balogun.
En cas de décès ou de démission d'un nombre des membres du Conseil égal au tiers du nombre fixé par les statuts, le Conseil nomme des membres provisoires dont les fonctions expirent à l'assemblée générale suivante.
Toutes les sociétés d'Égun ne se limitent pas au divin, au sacré et à la résolution de problèmes sociaux. Certaines, un peu extrêmes comme celle de Wèsè-Wogudo, ont un rôle purement divertissant.
Les costumes des Égun
Les costumes portés par les Égun sont confectionnés par des tailleurs désignés et approuvés par la société. Les revenants doivent revêtir des vêtements très différents de ceux des vivants afin d'accentuer l'effet dramatique de leur représentation. Les costumes constituent un signe de reconnaissance des groupes et indiquent le rang social de chacun. Ils doivent couvrir le corps de celui qui les porte entièrement. ils doivent également mettre en valeur les différents éléments entrant dans leur confection lors des mouvements de rotation effectués par les danseurs. Les vêtements sont faits avec des matières telles que le coton, le raphia, et ornés de paillettes, de broderies, d'ossements... Lorsque des exigences de couleurs sont suivies au niveau des choix, il s'agit juste des couleurs de préférence de la divinité représentée par le revenant. Dans tous les cas, les costumes sont en couleurs très vives (rouge, orange, jaune, bleu, vert...). Ces couleurs sont mélangées en grand nombre sur chaque ensemble. Toute la richesse de ces costumes fait qu'ils reviennent à un coût assez élevé. Les familles sont donc obligées de faire des mois, voire des années d'épargne pour se faire concevoir un costume. Il est fréquent aussi que des familles abandonnent des costumes inachevés faute de ressources financières. Des costumes usagés peuvent être également vendus par un groupe à un autre. Les composants de ces costumes usagers seront ensuite utilisés dans la confection des nouveaux costumes du groupe acquéreur. Généralement, les costumes de cultes Égun se transmettent de père en fils aîné. Dans certaines régions, des riches procèdent à l'exhibition de leur fortune à travers l'organisation des cérémonies Égun. Les plus grandes cérémonies Égun rassemblent des nombres d'Égun atteignant la centaine, voire plus.
 Costume d'Égun
Manifestations Égun
Les manifestations Égun sont organisées dans chaque localité de manière périodique. La plus importante manifestation est la fête annuelle des Égun dont la date de tenue diffère suivant la région. Elle s'organise en saison sèche, avant la vague de chaleur annonçant les pluies et porte le nom de Odun Égun en langue yorubaou nagot. C'est presque la seule occasion où tous les masques Égun d'une même ville se retrouvent lors de cérémonies qui invoquent les morts des dernières années afin d'attirer leur bénédiction sur la localité. À Covè par exemple, l'Odun Égun a lieu chaque année, en décembre ou janvier, et voit tous les revenants de la ville sortir successivement par quartier. À Porto-Novo, Odun Égun, également annuelle, se déroule généralement en février et réunit les Égun de la ville sans distinction de couvent ni de quartier. Il en est de même à Kétou où la fête rassemble un mois durant tous les revenants de la ville. Il arrive que la fête Odun Égun soit différée d'un commun accord, lorsque cette dernière coïncide avec une autre fête religieuse.
À côté de ces fêtes annuelles, les sorties d'Égun concernent également plusieurs cérémonies coutumière telles que les baptêmes, les inhumations, les prières et offrandes,...
Enfin, des manifestations Égun peuvent s'organiser pour résoudre des problèmes personnels ou concernant la communauté (stérilité, sécheresse, épidémies...).
Dans tous les cas, avant la sortie des Égun, on consulte l'oracle (Ifa), qui révèlent les différentes précautions à prendre, les mets à préparer, les sacrifices à effectués aux différentes divinités et esprits afin que les manifestations se déroulent dans de bonnes conditions.
Plusieurs interdits entourent les cultes Égun. Les plus connus restent ceux à respecter lors des déroulements des manifestations publiques des Égun. Les interdits liés aux cérémonies de préparations, de même que les cérémonies de préparation elles-mêmes, restent secrets. L'accès au couvent est interdit au non initié. Il lui est également interdit de toucher aux vêtements du revenant. Les sanctions encourues sont sévères et vont jusqu'à la mort.
Le masque Égun est présent dans la plupart des communautés yoruba. Mais dans certaines communautés telles que la communauté Idaasha, il a pu être interdit par les autorités traditionnelles parce que pour ces dernières, la conception que présente le masque Egun de la mort diverge de celle des croyances locales.
La société des Guèlèdè est organisée autour des “mères” et se réunit la nuit. Les “mères” sont censées alors se transformer en oiseaux et être invitées par les âmes à examiner les éventuels problèmes de la communauté. Cette société, vraisemblablement créée à Kétou, vénère avant tout, la divinité de chaque ville, ciment de la vie locale dans les communautés yoruba. Par l'intermédiaire de leurs responsables, les Guèlèdè assistent le responsable de la cité dans l'exercice de ses fonctions d'administration, et veillent à assurer l'ordre, la santé morale, et la prospérité des habitants. L'affiliation aux sociétés de Guèlèdè se transmet par héritage ou par simple adhésion.
La dénomination des sociétés Guèlèdè est sensiblement différente de celle des sociétés Égun. Les sociétés Guèlèdè sont la plupart du temps connues à l'extérieur par le nom de leur ville (Guèlèdè de Sakété, de Ouidah, de Kétou...). Mais leur appellation est toujours plus précise à l'intérieur de la localité. À Sakété, du fait de mesures restrictives et de l'appauvrissement des traditions, seul le quartier Odéla possède encore des masques Guèlèdè. Son unique groupe porte le nom nagot d'Akoda, signifiant “créé après un apprentissage”, ceci pour évoquer la longue évolution chorégraphique de ces Guèlèdè.
Structure des sociétés Guèlèdè
Même s'il existe quelques similitudes entre les structures des sociétés Égun et celles des sociétés Guèlèdè, la structure d'une société Guèlèdè est toujours différente de celle d'une société Égun. Les structures des sociétés Guèlèdè diffèrent également à l'intérieur d'une même société et d'une région à l'autre. La société Guèlèdè de Ouidah ou celle de Kétou n'est pas organisée de la même manière que celles de Wèsè-Wogudo ou de Covè.
La société est généralement dirigée par une femme, Iyalashè, et un homme, Babalashè. Iyalashè dispose d'importants pouvoirs. Elle peut intervenir dans d'autres sociétés, même secrètes, et influer sur les décisions des autorités traditionnelles en dénonçant les travers des hommes.
La société Guèlèdè de Ouidah, appelée “Guèlèdè de Kéré Alafia”, possède deux chefs principaux, qui sont très influents : le président et le maître de chant. Le premier, le président, dirige et coordonne les activités de la société. Le second est l'auteur de la quasi totalité des chansons, satiriques ou non, qui animent les manifestations publiques des Guèlèdè de Ouidah.
À la tête de la société Guèlèdè de Covè se trouvent deux personnages importants : un homme et une femme. Le premier dispose néanmoins de plus de pouvoir que la seconde. Il porte le nom d'Oga Alagbo, ou Galagbo en contracté. La deuxième, toujours d'un certain âge, est alors son adjointe et prend le nom d'Iya Alashè ou d'Iyalashè en contracté. Les fonctions d'Iyalashè, complémentaires de celles de Galagbo, sont relativement discrètes, mais indispensables à l'efficacité des prières adressées par les danseurs masqués aux sorcières.
Les costumes Guèlèdè
Chaque société de Guèlèdè est liée à une divinité (un Orisha) particulier dont elle peut solliciter l'oracle avant la préparation des costumes. Quelque soit son origine, le costume du Guèlèdè se compose d'une pièce en bois bien sculpté, qui se pose sur la tête, d'un assemblage d'étoffes, d'anneaux à grelots en métal pour les chevilles, et de gros chaussons pour les pieds. L'ensemble porté par les danseurs constitue le masque. Le début et la fin de la fabrication du masque s'accompagnent de prières.
La réalisation de la partie en bois est confiée à un sculpteur membre de la société, qui façonne également les cannes et les coiffes des chefs traditionnels, ainsi que les tambours mâles et femelles qui rythment la danse. Les tambours doivent être eux aussi taillés dans du bois de qualité et le tambourinaire peut donner des indications au sculpteur, afin que la sonorité de l'instrument s'accorde bien au timbre de sa voix. Les masques adoptent la forme d'une cloche plus ou moins aplatie qui coiffe la tête et épouse sa convexité. Ceci implique une cavité peu profonde et une circonférence ovée. Sculptés dans la masse d'un bois léger, les masques se composent d'un col (percé d'orifices latéraux où sont passés les liens de fixation pour ceux qui ont effectivement été portés), d'un faciès évoquant dans la plupart des cas le visage humain, et d'une superstructure parfois très complexe faisant appel à une imagination foisonnante de diversité. Généralement polychromes, les masques Guèlèdè étaient traditionnellement peints à l'aide de pigments végétaux et minéraux tels que les feuilles d'indigotier (Lonchocarpus cyanescens), les graines de roucouyer (Bixa orellana), le kaolin oxydé ou encore le charbon. De nos jours, ces teintures traditionnelles ont laissé place aux teintures industrielles constituées de poudre à dissoudre dans de l'eau ou encore de peintures acryliques. Ces nouvelles teintures offrent l'avantage de fournir une gamme couleurs beaucoup plus diversifiée que celle obtenue avec les teintures traditionnelles. Les masques sont ensuite soumis à l'appréciation de l'Iyalashè, qui les agrée ou les rejette.
La partie en métal du costume Guèlèdè est réalisée par un forgeron. Le vêtement est ensuite agencé par le sculpteur et les femmes de la famille du danseur. Suivant les régions, les périodes et les modes, les étoffes sont fournies par les femmes, qui renforcent ainsi leurs liens avec les divinités, faisant des masques leurs enfants. L'ensemble du costume est, comme dans le cas des Égun, très coloré. Sa beauté séduit les “mères” et les incite à assurer le bien-être de la communauté. Les couleurs utilisées dans l'habillement des danseurs Guèlèdè ne suivent plus de nos jours aucune exigence. Le bleu indigo par exemple incarnait autrefois le dieu du ciel, et le rouge représentait la terre.
En dehors des périodes de cérémonies, le sculpteur conserve masques et tambours chez lui, dans une pièce qui est leur sanctuaire.
L'habillement des danseurs se fait dans le sanctuaire et s'accompagne de prières, tout particulièrement lorsqu'il s'agit du masque Èfè. Èfè constitue le masque le plus important des cultes Guèlèdè. Il est plus spécialement voué aux dangers et aux forces magiques de la nuit. Le danseur enfile d'abord un collant et des anneaux creux en fer doux et sonore, auxquels sont fixés des Iku (grelots) qui rythmeront la danse. Des chevillères en fibres protègent les chevilles du danseur du choc des Iku, qui sont disposés sur les anneaux de telle sorte que la sonorité soit la meilleure possible. Un cerceau est fixé sous les bras du danseur à l'aide d'une épaisse étoffe, croisée autour de son cou et noué sur le bois. Par-dessus le cerceau, le danseur enfile son costume composé de bandes de coton de couleurs variées, certaines brodées de perles et de paillettes, fixées avec soin dans le dos. Une tunique, également brodée de perles et de paillettes vient recouvrir les épaules. Parfois, en particulier pour les Guèlèdè qui sortent en journée, on se contente de rembourrer les hanches du danseur sous la tunique.
Les costumes diffèrent suivant les occasions, mais comportent toujours un cerceau qui donne de la corpulence au masque. Son diamètre varie en fonction de la taille du danseur afin de conserver une harmonie au niveau de l'ensemble. Cette corpulence, synonyme de prospérité et de vitalité, correspond également à une certaine image de la beauté de la femme noire africaine. La caractérisation sexuelle peut être renforcée par la présence de faux seins, généralement conçus en bois. En effet, la danse Guèlèdè est toujours exécutée par des hommes.
Ensuite le danseur ajuste son masque en bois auquel est fixé un tissu à larges mailles lui permettant d'entrevoir son environnement tout en concervant son visage caché. Les différents éléments en tissus de la tenue sont attachés entre eux autour du cou, garantissant ainsi le maintien de l'ensemble. Le danseur peut enfin s'équiper d'un chasse-mouches ou d'un bâton de danse sculpté aussi et peint.
La partie en bois sculpté des masques Guèlèdè n'est portée pour la danse qu'une seule et unique fois. En effet, pour chaque manifestation Guèlèdè, des masques sont confectionnés avec des attributs qui font références à l'événement célébré. Le masque Guèlèdè réalisé pour les cérémonies funèbres d'une personne appartenant à une famille portant le type de scarification “Kpélé” portera également des “Kpélé”.
 Danseur Guèlèdè
Manifestations Guèlèdè
Il n'existe pas de fêtes régulières des masques Guèlèdè. Leurs manifestations publiques ont lieu au gré des événements. Fréquentes à Kétou et à Sakété, elle sont plutôt rares et sporadiques à Ouidah par exemple. Néanmoins chaque groupe de Guèlèdè de la ville de Kétou par exemple organise des sorties annuelles. Des danses Guèlèdè sont également organisées lors d'événements spéciaux tels que l'accueil d'hôtes de marque. La sortie des Guèlèdè ne s'effectue que sur décision de l'Iyalashè.
Si le Guèlèdè n'est pas un masque dangereux pour le public, il n'est cependant pas permis à n'importe quel spectateur d'aller le toucher sous prétexte de le féliciter ou de l'encourager, comme il est de coutume à l'occasion des danses profanes. Aussi, malgré le fait qu'aucun mystère n'entoure l'identité du danseur, il est interdit de l'appeler par son nom toute la durée de sa sortie. Il sera appelé “porteur du bois” pour les circonstances.
Aux côtés de ces deux pratiques de masque, existent d'autres pratiques de masques moins importantes mais participant à l'animation de la vie culturelle des régions concernées.
Les autres pratiques des masques
Les pratiques des masques dans les sociétés yoruba et nagot a connu une grande évolution dans le temps Cette évolution a conduit à la banalisation plus ou moins forte de ces pratiques, et même à la disparition de certaines d'entre elles. C'est l'exemple du masque Woowin, propre à la région de Kétou. Il s'agit d'un masque exclusivement destiné à la distraction. Les masques portés représentaient des visages d'enfant. Cette pratique a complètement disparu des sociétés yoruba de nos jours. Une autre pratique de masque dont le déclin s'annonce de façon progressive est le Caléta. Il est commun à de nombreuses communautés de la région ouest-africaine. La pratique de masque Caléta se rencontre dans les localités telles que Lomé et Agoué au Togo, Grand-Popo, Ouidah, Cotonou, Porto-Novo au Bénin. Il s'agit d'un masque issu de l'héritage colonial. Il est porté par les enfants le plus souvent, en période des fêtes de fin d'année.
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