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La ville de Kétou est considérée par toutes les sources connues comme la cité de naissance de la pratique de masque Guèlèdè. Les origines de cette pratique de masque remonteraient également presqu'aussi loin dans le temps que la fondation du royaume de Kétou.
À Kétou, le Guèlèdè est une société secrète à laquelle on adhère pour se protéger de la mort, de la maladie, pour assurer son épanouissement, la richesse et la fécondité. Le Guèlèdè apparaît comme la réponse de la société à la sorcellerie, cause des calamités telles que les épidémies ou la sécheresse suivant les croyances locales. La femme est la clé qui ouvre la porte à la cmpréhension du contexte symbolique et rituel du Guèlèdè. En effet, dans la société Yoruba, la femme est censée posséder une force vitale qui présente deux facettes : l'une positive, comme créatrice et protectrice de la vie, douée de la connaissance des pouvoirs curatifs des plantes, force régulatrice garante de l'ordre social et moral ; l'autre négative, destructrice, responsable de la stérilité, de la sécheresse, des épidémies et de la mort. Le Guèlèdè serait le tribut à payer aux pouvoirs mystiques des femmes, dont il faut se protéger et qu'il faut apaiser afin de les transformer en puissance bénéfique pour la société. Pour apaiser les “mères” comme il est coutume de les appeler, les hommes se mettent sur la tête le masque. Avec un foulard léger et une robe à longues manches, ils dissimulent leur physionomie ; ils attachent des grelots aux chevilles et dansent.

Masque Guèlèdè
À l'origine de la société Guèlèdè est un mythe, qui associe danse de masque et regain de fertilité. Ce mythe rapporte qu'il y avait longtemps, la sorcière Yewajobi, mère de tous les Orisha , ne pouvait plus avoir d'enfant, sans doute parce qu'elle avait fauté. Ne pouvant se consoler de cet état, elle alla trouver le Grand Oracle d'Ifè. Dans un premier temps, il lui ordonna un sacrifice. Ce qu'elle fit. Ensuite Yewajobi, toujours suivant les conseils de l'Oracle, dut se procurer des images de bois et les coiffer ; orner ses bras d'anneaux de métal et danser. Peu de temps après, un petit garçon naquit. On l'appela Èfè, synonyme de joie et de plaisanterie. Puis, s'ensuivit une petite fille. Lorsque celle-ci fut grande, on la nomma Guèlèdè parce qu'elle était très grosse et qu'elle dansait aussi bien que sa mère Yewajobi.
Mais quand Èfè et Guèlèdè voulurent eux aussi des enfants, il s'avéra que cela leur était impossible. Guèlèdè alla voir aussi le Grand Oracle d'Ifè qui lui prodigua les mêmes conseils que ceux qu'il avait déjà donnés à sa mère Yewajobi. Yewajobi remit alors à sa fille ses anneaux de métal et ses masques. Parée de tous les attributs requis, Guèlèdè dansa.
Combien d'enfants Guèlèdè et Èfè eurent ensemble, l'histoire ne le dit pas mais elle raconte que depuis, Guèlèdè se coiffe tous les jours d'un bandeau d'étoffe appelé Guèlè.
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